L'ÉTUDE DE L'OMBRE // PAR DÉFINITION


Si tu me connais, tu sais que je parle très souvent de l’étude de l’ombre, pratique qui est devenue plus qu’essentielle à mon développement autant spirituel, personnel que psychologique. Cette étude a ouvert les fenêtres de mon encéphale, a libéré mon esprit et m’a permis de rencontrer quelques parties de moi oubliées, enterrées, rejetées depuis l’enfance, avec lesquelles j’entretiens maintenant une puissante relation symbiotique.

En effet, la symbiose va de soi lorsqu’on parle de parties de nous, mais ce n’est pas toujours le cas et c’est ce que nous allons traverser dans cette page de journal.

Après avoir reconnu durement vers la fin de mon adolescence que j’étais très loin d’être une personne inspirante ni agréable à côtoyer, j’ai commencé à entrer dans des cycles infinis de réflexions à propos de la manière dont j’étais en train de pousser dans l’univers.

Une mauvaise herbe, que je disais.

Avec la patience, le travail, les pleurs, les angoisses et la peur aussi, j’ai compris que la colère était devenue mon identité, qu’au fond de moi j’étais énormément blessée et affaiblie, que j’entretenais une sensibilité beaucoup plus grande que je l’imaginais, que j’avais constamment honte de moi, que ma structure de vie était basée sur mes relations amoureuses et ainsi de suite, jusqu’à aujourd’hui.

J’ai fait des découvertes, de grandes découvertes.

Parfois brutales, parfois étonnantes, mais dans tous les cas enrichissantes.

Précisément, je me suis engagée il y a plus de 12 ans maintenant à effectuer un travail minutieux sur moi-même. En d’autres mots, je me suis engagé solennellement à faire de moi la meilleure version possible de l’être humaine que je peux être, et ce, d’après mes propres perceptions. Car il est évident que nous n’avons pas tous.tes la même philosophie sur ce que peut bien être une bonne version d’être humain. N’est-ce pas ? Ce qui est tout à fait légitime.

L’étude de l’ombre n’est pas un long ni un court processus, cette étude se situe dans ce qu’on peut appeler l’infini. L’espace où il n’y a pas de commencement ni de fin. C’est le travail d’une vie, ou deux, ou trois, qui sait ?

Mais, qu’est-ce que c’est précisément l’étude de l’ombre ?

L’ombre

Tout d’abord, il est important pour moi de te définir les termes en commençant par celui que je considère le plus important et du même coup le plus mal compris soit, l’ombre. L’ombre c’est tout simplement l’inconscient. La partie de nous qui contient tout ce que l’on ne reconnait pas, encore, ou ce que l’on ne reconnaîtra peut-être jamais, qui sait ?

L’inconscient n’est-il pas l’espace le plus mystérieux du monde terrestre ? Ce qui me fascine et m’émerveille, c’est qu’on a accès à cet espace. Suffit de rassembler ses expériences, ses outils et beaucoup, beaucoup de courage !

Bien que l’ombre soit un mot parfois terrifiant, dans ce contexte il est loin de représenter ce que l’on peut appeler les démons ou les enfers ou le bas astral ou l’occulte sinistre, bien au contraire. Dans cet espace mystérieux certes, mais loin d’être démoniaque ou malicieux, il est souvent possible de rencontrer non seulement des parts de nous qui ont un jour été considérées comme inacceptables, mais aussi des parts de nous, ambitieuses, créatives, inspirantes et même parfois lumineuses. Mais peu importe la nature de ces parties de nous, il est nécessaire de partir à leur recherche afin de les mettre en lumière. C’est le but ultime de l’étude de l’ombre.

En résumé, l’ombre est tout simplement la représentation poétique et imagée de l’inconscient… l’endroit sombre qui garde les fragmentations de notre être que l’on a un jour ignoré, fui ou rejeté.

La fragmentation

Maintenant, qu’est-ce qu’une fragmentation ?


Vois-tu, il est impossible pour le corps physique de se séparer, ce qui engendrait de toute évidence une fatalité certaine. Par contre, la conscience a la capacité de le faire. Et c’est précisément lors de ce processus de séparation que les fragmentations sont créées.

Maintenant, qu’est-ce qui engendre cette séparation ? As-tu déjà eu envie de te laisser tomber dans un coin, de t’abandonner sous un tapis, ou de fondre dans les murs ? C’est exact… la honte. Lorsque la honte s’invite dans le système de l’être humain, automatiquement il rejette une partie de lui-même qu’il considère maintenant, d’après ses apprentissages et ses expériences, comme mauvaise ou inadéquate.

Voici un exemple :

Un petit garçon de 5 ans, extrêmement sensible et qui pleure souvent, se fragmente parce que son professeur de maternelle refuse de considérer sa sensibilité comme étant valide et légitime. Ce petit garçon rejette alors catégoriquement sa sensibilité parce qu’elle est considérée par ses pairs comme étant faible et non digne d’un homme. Ce petit garçon honteux face à lui-même, enterre doucement sa sensibilité, ainsi que l’entièreté de ses émotions, jusqu’à ce qu’il ne soit plus apte à y avoir accès, et ce, afin d’être l’homme solide et fort que la société reconnait comme acceptable.

Cette fragmentation sensible, maintenant perdue tout au fond de son inconscient, tentera avec tous ses cœurs de se faire voir, de se faire entendre, de se faire reconnaître et elle prendra tous les moyens possibles pour y arriver, et ce, jusqu’à ce qu’elle soit vue ou jusqu’à la mort.

Ce que l’on résiste, persiste.

D’un autre angle de vue :

Une petite fille de 8 ans adore jouer avec des crayons de couleur, des pinceaux, des bâtons d’allumettes, des emballages de plastique et beaucoup de bouette. Le tout, afin de bâtir des châteaux en matières récupérées. Une âme artiste ? Peut-être, qui sait ? Sa mère de son côté lui impose des cours de gardiennage et des tonnes de poupées et lui rappelle constamment qu’elle sera la plus merveilleuse de toutes les mamans du monde. C’est peu à peu que cette petite fille se fragmente. La partie d’elle qui entrevoie dans la fenêtre de son avenir une grande carrière de visionnaire s’efface doucement, jusqu’à disparaître dans son inconscient pour faire place à une famille de 5 enfants avec un père absent.

Comme quoi l’on peut, dans son inconscient, retrouver de grands et merveilleux talents.

Lorsque l’on ressent cette signature émotionnelle qu’est la honte, il est impossible pour nous de se séparer physiquement, même si on le voulait très fort. C’est pourquoi la conscience s’en occupe. C’est un mécanisme de défense, soit l’un des plus puissants que l’être humain à la capacité de faire appel.

Maintenant, est-ce nécessaire d’apprendre à repousser la honte ? Non, pas du tout. La honte, comme toutes les autres émotions, est là pour une raison extrêmement importante. Soit celle de vivre en société. L’être humain est une espèce interdépendante munie d’une conscience, c’est pourquoi la honte nous permet de nous reconnaître et de nous faire accepter par nos pairs. Sans la honte, l’isolation serait inévitable. Tous les mécanismes de défense sont là pour nous protéger, il est donc nécessaire de les remercier, de ne pas les juger et de les apprivoiser, surtout lorsque nous n’avons plus davantage à les utiliser.

En résumé, les fragmentations sont le résultat du mécanisme de défense enclenché par le sentiment de la honte. Suite à cette action, on enterre, renie, déshonore, fuit ou juge inadéquates ces parties de nous afin de se sentir accepté, aimé et validé par notre entourage ou par notre société.

Autrement, je te fais confiance que tu reconnais qu’il y a autant d’exemples de fragmentation qu’il y a d’êtres humains fragmentés sur Terre, soit l’entièreté. Reste maintenant à savoir quelles sont tes fragmentations ?Les fragmentations sont à la base de l’étude de l’ombre. C’est pourquoi il est nécessaire de les trouver, car les voir c’est les faire voyager instantanément de l’inconscient au conscient ! Les mettre en lumière, tout simplement.

En parlant de simplicité, je ne serai pas la personne qui te convaincra que ce travail est merveilleux, grandiose, plaisant, agréable et rempli d’arc-en-ciel. Au contraire. Cette étude est extrêmement enrichissante, certes, mais difficile et parfois décourageante. Cela prend du courage et de la détermination, je le reconnais. Mais, je tiens à te soulager en te disant que plus tu installes de lanternes dans ta pars d’ombre, moins il y a d’obscurité.

C’est une promesse.

Juré, craché.

Les déclencheurs

Bref, tes plus grands alliés dans cette étude sont ceux que, présentement, tu considères comme étant tes pires ennemis. Encore une fois, fais-moi confiance qu’ils deviendront sous peu tes meilleurs amis. Soit, les déclencheurs.

Les déclencheurs sont ceux qui invoquent en toi des émotions ou des sentiments désagréables comme le dégoût, la colère, la honte, l’ennui, le doute, l’envie, etc. Les déclencheurs se manifestent au travers de situations, d’échanges, de visions, d’images, de souvenirs, de textes, de lectures, de films, de personnes et d’archétypes, par exemple.

Une fille dans le bus t’agace, car elle parle très fort au téléphone,

Une enfant qui rit trop fort au marché t’invoque le dégoût,

Un film d’amour qui finit bien te donne envie de vomir,

Un journaliste qui dévalorise ton artiste préféré t’enrage,

La lame du Hiérophante du tarot t’inspire la haine juste à la regarder,

Ton patron est toujours trop souriant et ça t’énerve,

Une collègue de travail respire et cela te rend fou/folle,

Les célébrations du temps des fêtes t’angoissent,

Les gens qui ont un grand besoin d’attention te fatiguent,

Un YouTuber fait la promotion de son travail avec fierté et cela créer de la colère en toi,

Une femme financièrement confortable s’achète un sac luxueux et cela te dégoute,

Un style de musique en particulier te rend méprisant.e,

Une personne qui mange de la viande t’invoque la haine,

Une femme voilée t’invoque de la pitié,

Une Instagrameuse américaine populaire te dégoute par son nombre d’abonnés,

Un pratiquant de la sorcellerie te frustre parce qu’il n’a pas la 'bonne' manière de pratiquer,

Une religion qui contredit tes propres croyances te révolte,

Etc.

Tous ces exemples sont des déclencheurs, c’est la base de ta réflexion.

Quels sont tes plus grands déclencheurs ?

D’où viennent ces émotions et ces sentiments désagréables ?

Est-ce que l’émotion que tu vis en cache une autre ?

Est-ce que ta colère ne serait pas une couverture qui cache la jalousie ou l’envie, par exemple ?

Le but c’est d’être extrêmement honnête envers soi-même. C’est ce qui souvent fait mal, mais la bonne nouvelle, c’est qu’après cette dure étape, il est impossible de revenir en arrière.

Maintenant, peut-être que tu te poses cette question soit, est-ce possible que parfois ma colère soit justifiée ? Par exemple, si je lis un article à propos d’une bande de chasseurs illégaux qui ont découpé grossièrement une dizaine d’éléphants pour voler leurs défenses à des fins de contrebande, est-ce que ma colère n’est pourtant pas juste ?

Oui. Les émotions sont toujours et dans tous les cas justes, justifiées, justifiables, légitimes et valides. Il est extrêmement important de reconnaître qu’il est impossible pour un humain de ne pas ressentir ce qu’il ressent. C’est pourquoi il est primordial de reconnaître toutes ces émotions comme des messages fondamentaux. Dans cette étude, il n’est pas question de reconnaître ce qui est bien ou ce qui est mal dans l’univers, mais de reconnaître les parties rejetées de soi-même qui sont déclenchées par certains comportements ou certaines situations par exemple.

En résumé, ces déclencheurs sont souvent des personnes, des comportements, des situations ou des évènements quelconques qui invoquent en toi des émotions que l’on peut catégoriser comme désagréables, comme la colère ou le dégoût par exemple. Ces déclencheurs sont des phares, de grandes lumières qui tournoient pour t’indiquer qu’ici, juste là, se trouve un monticule de terre à brasser, une fragmentation à déterrer.

Maintenant, peut-être te poses-tu la question, combien de fois au cours de ma vie je me suis fragmenté ? Combien de fragmentation dois-je voir, comprendre, analyser et réintégrer ? Une personne à la structure de vie stable et presque immobile peut avoir environ une trentaine de fragmentations à réintégrer. Une personne à la structure de vie changeante et chancelante peut en avoir plus de 100.

Et si tu es ici avec moi aujourd’hui, à voyager au travers de ces lignes, tu en as probablement plus d’une centaine à découvrir toi aussi.

La réintégration

Réintégrer les parties de soi-même c’est de les voir et les entendre afin de répondre à leurs besoins. C’est d’être présent avec elles, et ce, de manière inconditionnelle, sans jugement ni désir de changer quoi que ce soit.

On vient au monde entier… ou presque. Dans certains cas, il est possible qu’il y ait eu fragmentation même avant la naissance, mais pour le bien de cette page de journal, je te propose de s’en tenir à cette première image. On naît entier, plein, lumineux. Et plus on avance dans son processus de vie, plus on rejette des parts de nous dans notre inconscient. Ces parts ne peuvent être dissoutes ou effacées de manière définitive, c’est pourquoi il est nécessaire de les réintégrer afin de retrouver notre unicité.

Plus l’être humain retrouve son unicité, plus les déclencheurs disparaissent, ou du moins, plus les émotions désagréables engendrées par ces déclencheurs s’estompent. Ce qui nous permet d’avoir une meilleure compréhension du monde ainsi que de faire preuve de plus de compassion envers l’univers, et ce, à la vitesse de notre acceptation.

En résumé, la réintégration n’est pas le processus, mais la finalité, le résultat final. Il est nécessaire de comprendre ce concept, mais de ne pas y porter attention. Elle n’est ni la dernière étape ni une étape tout court. La réintégration arrivera de soi après avoir répondu à tous les questionnements et réflexions nécessaires afin de mettre en lumière les fragmentations.

Voici donc les quatre thèmes à étudier avant de se lancer dans la grande aventure que propose l’étude de l’inconscient. Bien que cette pratique soit très exigeante autant au niveau énergétique, spirituel, physique que psychologique, je crois profondément que c’est la base de tout changement et guérison universelle. Qui sait ?

C’est pourquoi en tant que minuscule petite être humaine terrestre, j’en fais ma responsabilité. Celle d’évoluer du mieux que je le peux, avec comme alliées, mes grandes émotions et mes petites expériences. De mettre quelques lanternes ici et là dans ma part d’ombre, c’est ma manière de visiter les territoires inexplorés de la Terre et du même coup, de contribuer à l’expansion de l’univers.

Avec amour,

Vae