LA BATAILLE DES INTENTIONS



Ça m’a pris deux ans.


Deux ans de jours et de nuits à somnoler entre l’indécision et l’insécurité, à apprendre le langage de mes doutes, à tenter de voir enfin quelque chose dans le miroir, et ce, jusqu’à ce que je réalise que pour trouver les pièces manquantes de mon propre visage, je devais partir à l’aventure au travers de mes plus grands vertiges.



J’ai réfléchi longtemps avant de tout exposer... mes mots, mes idées, mes expériences et ma pratique et si tu es là aujourd’hui à voyager au travers de ces parties de moi, c’est que j’ai peut-être réussi quelque chose. Du moins, j’ai réussi à ouvrir la porte de mon Terrier, ce qui était pour moi à l'époque la définition ultime de l'improbable.


Ce Terrier-là c’est ma chambre, mon espace, mon univers, celui que j’entretiens et que je décore à l’image de mes intérieurs pour t’accueillir chaque semaine… ou presque. Parce qu’il y a des moments où, bien sûr, je n’ai pas eu le courage, ni la force, ni l’énergie, ni le contenu pour le faire. Mais autrement, je suis très fière aujourd'hui de souligner que je t’ai lancé plus d’une soixantaine d’invitations à venir me visiter, déjà, que tu as acceptée ou non, qui sait…


Dans tous les cas, tu es non seulement une Lanterne libre, mais tu sais aussi que ce qui nous lie ce ne sont pas les nombres ni les calculs, ni les mathématiques, mais plutôt les kilomètres de lucioles qui se nourrissent du même ciel pour mieux grandir.



Les batailles ont été difficiles, je ne pourrai jamais le cacher. Au début, la confiance en soi était pour moi un concept idyllique, complètement irréel, simplement intangible. En d’autres mots, le fait de reconnaître que je n’étais pas qu’une moins que rien lorsqu’il était question de bâtir mes propres projets était profondément inatteignable. Mais depuis, j’ai appris à laisser mes idées et mes ambitions vivre quelques secondes de plus à chaque jour, et ce, jusqu’au jour où j’étais prête à les laisser m’habiter, pour de bon.


Juste avant d’enregistrer ma première vidéo, La sorcellerie moderne : bâtir ses fondations, j’ai eu le besoin immortaliser le moment. Autant que ce projet, celui de créer une vidéo YouTube, pouvait paraître minuscule, futile, fade et insipide dans les yeux des autres, pour moi il représentait des années d’efforts, de courage, de reconnaissance et d’études. C’est pourquoi j’ai écrit, à la main dans un vieux journal, mes intentions de bases face à ce projet. C’était ma manière à moi de reconnaître et de consacré ce moment si important. Soit la première fois ou j’ai eu le sentiment d’avoir réussi quelque chose.


Intention première : archiver mon évolution.


La première raison pour laquelle j’ai eu envie d’exposer mon cheminement spirituel en ligne, c’était pour archiver ma pratique. En tant qu’enfant perdue dans l’imaginaire collectif de l’Univers, je n’ai jamais vraiment eu le sens de l’organisation, mais lorsqu’il est question d’archiver mes pensées, mes émotions, mes sentiments, mes envies, mes rêves et mes ambitions, j’ai toujours été la plus grande spécialiste. Cela a toujours été vital pour moi d’écrire mon histoire et je crois que d’avoir le besoin mystérieux et fondamental de l’écrire cette histoire-là , ça m'a toujours donné une motivation supplémentaire pour tenter de la rendre intéressante.


Une chance.

Parole d’Ermite.


Intention deuxième : expérimenter.


J’ai non seulement toujours eu l’âme créative et visionnaire, mais j’ai aussi l’âme complètement perdue et tourmentée, c’est pourquoi j’ai passé ma vie à expérimenter des milliards d’options et de médiums d’expressions à la recherche d’un sentiment d’appartenance que je n’ai encore jamais trouvé. J'ai joué avec le cinéma, la peinture, le dessin, le graffiti, le design graphique, l’écriture, la vidéo, la sculpture, le piano, la guitare, le chant, la danse, le théâtre, ainsi de suite que pour nommer que les champs artistiques. J’ai littéralement tout essayé, sans jamais trouver ce qui pouvait convenir à la fois à tous mes besoins et à mes désirs d’expressivité et d'exploration.


Tout m’intéresse. J’aime me dire que c’est une belle malédiction, autant cadeau que poison.